independent curator, art editor & writer

Lyon, entre poésie, humour & intuition, 13e Biennale de Lyon

12 octobre 2015
Publié dans le 30e numéro de Diptyk

Back to publications

Aux commandes de la 13e Biennale de Lyon, placée sous les auspices de la « modernité », le curateur Ralph Rugoff a joué la carte de la curiosité et de la simplicité. Pour le curateur, qui dit moderne ne dit pas forcément modernisme. Dans son exposition La Vie Moderne, le commissaire de la Hayward Gallery (Londres), invité à penser l’édition 2015 de la Biennale de Lyon, délaisse le prisme académique pour scruter le concept de 'moderne' dans sa relation au contemporain.

Kader Attia, <em>Traditional Repair, Immaterial Injury</em>, 2015
Kader Attia, Traditional Repair, Immaterial Injury, 2015. Courtesy of the artist. Biennale de Lyon 2015, Photo: Blaise Adilon

[...] Il a placé la biennale sous le double signe de l’ambiguïté et de l’espièglerie. La tonalité sérieuse cohabite avec l’ironie et l’humour, comme dans la vidéo Rythmasspoetry de Cecilia Bengolea et Jeremy Deller, où l’élite et le populaire se rencontrent. Ce rapprochement citoyen semble d’ailleurs incarner l’espoir, voire l’ambition de Ralph Rugoff pour cette 13e édition. Le moderne comme terrain d’étude est aussi l’occasion d’explorer les liens entre passé et présent, entre héritage/tradition et nouveauté. À l’instar de l’installation Traditional Repair, Immaterial Injury de Kader Attia, où des agrafes sur un sol en béton symbolisent les cicatrices, nécessaires témoins de blessures qu’il faut accepter et non enfouir dans l’oubli. En 2015, quatre biennales (Sharjah, Venise, Lyon, Göteborg) se sont penchées sur les rapports et la continuité entre histoire, passé, présent et futur – l’un ne pouvant s’écrire sans l’autre. L’ambiguïté, chère à Rugoff, provient de l’impossibilité de fixer un moderne qui oscille entre actuel et révolu.

Massinissa Selmani, T’en fais pas. Et moi je plante les clous, 2015
Massinissa Selmani, T’en fais pas. Et moi je plante les clous, 2015. Courtesy of the artist. Biennale de Lyon 2015, Photo: Blaise Adilon

Les artistes invités, dont deux tiers ont produit des créations inédites, témoignent de cette multiplicité du moderne. Leurs œuvres, exposées sur trois sites (La Sucrière, macLyon, Musée des Confluences), abordent les questions sociales, économiques ou écologiques de notre temps. Nombre d’entre elles évoquent des sujets brûlants, comme la série de dessins T’en fais pas. Et moi je plante des clous, où Massinissa Selmani aborde avec délicatesse la tragédie des migrants.

Pour lire le reste de la critique, voir Diptyk N°30.

© Clelia Coussonnet

Back to publications