independent curator, art editor & writer

Jean Genet, l'éternel insoumis

Avril-Mai 2016
Publié dans le 33e numéro de Diptyk

Back to publications

Après plusieurs hommages en 2010, pour le centenaire de sa naissance, c’est au tour du MuCEM de saluer le génie de cet écrivain français amoureux de la Méditerranée. Jean Genet, l’échappée belle revient sur l’influence de l’Espagne, du Maghreb et du Moyen-Orient sur son parcours et sur son engagement pour certaines des causes les plus emblématiques du siècle dernier. « Berceau des premières expériences et abri lumineux de la fin de sa vie, la Méditerranée est le pôle magnétique de sa trajectoire, celui auquel il revient obstinément » assurent les commissaires Albert Dichy, directeur littéraire de l’Institut Mémoires de l’édition contemporaine, et Emmanuelle Lambert, écrivain.

Jean Genet, Brassaï (dit), Halasz Gyula, 1948
Jean Genet, Brassaï (dit), Halasz Gyula, 1948 © Estate Brassaï - RMN-Grand Palais cliché © RMN-Grand Palais / Hervé Lewandowski

[...] Son écriture crue, vive, est indissociable de son parcours de vie où, bien qu’il ne cesse d’être surveillé, condamné et enfermé, il demeure insoumis et libre. Son style est fragmenté, réticent aux dogmes et règles. Il est surtout à l’image de ses rencontres ; Genet s’est attaché à soutenir ceux avec qui il partageait sa vie – les délinquants, prisonniers et homosexuels. Ce sont les protagonistes clés de ses écrits, proches de l’autofiction. Son œuvre subversive, un peu comme sa vie, est une « chanson qui traverse un monde ténébreux […] C’est l’appel enchanté d’un voleur amoureux. » Son premier roman, Notre-Dame-des-Fleurs, rédigé en prison, comme bon nombre de ses textes, paraît en 1943. Si, mené par Cocteau et Sartre, le milieu littéraire français encense cet « astre noir », la société bien-pensante le censure. Sa liberté de ton et ses allusions érotiques dérangent.

Retrouvez l'article dans le Diptyk N°33.

© Clelia Coussonnet

Back to publications